Critique | Silent Hill 2

Mon nom est James Sunderland. J’ai perdu ma femme Ă  cause d’une atroce maladie, il y a 3 ans. Mais l’autre jour, j’ai reçu cette lettre. J’ai reconnu son Ă©criture, c’Ă©tait bien elle. C’est ridicule. Comment une personne morte peut-elle m’Ă©crire? Je rĂ©pĂ©tais dans ma tĂŞte que c’Ă©tait impossible. Mais c’est la rĂ©alitĂ©. J’ai reçu une lettre venant de ma femme.Est-il possible qu’elle ne soit pas morte? M’attend-t-elle quelque part, vivante, dans cette ville qu’on a visitĂ©e ensemble, Silent Hill ?

Compositeur : Akira Yamaoka
Artiste
: Akira Yamaoka
Nombre de disques
: 1
Nombre de pistes :
30
Durée totale :
1h13m
Date de sortie :
2001

Produit par Konami et dĂ©veloppĂ© par la «Silent Team» en 1999 sur Playstation , Silent Hill (nom de ville fictive) est une rĂ©fĂ©rence du survival-horror. Souvent comparĂ© Ă  Resident Evil, ce jeu Ă  l’histoire et la narration terriblement sinistre a vu sa licence se dĂ©velopper dans de nombreux spin-offs ainsi qu’au travers d’une adaptation cinĂ©ma. Ce deuxième titre sortie en 2001 fut le premier Ă  arriver sur la nouvelle console de Sony : la playstation 2. Silent Hill est intĂ©gralement basĂ© sur la peur psychologique grâce Ă  des plans visuels effrayants, des situations glauques et cauchemardesques et bien entendu une musique angoissante et dĂ©primante. Pour rĂ©sumer : Ce jeu est psychologiquement perturbant et tout bonne humeur sera effacĂ©e dans les 10 minutes qui suivent le premier chargement.

Ce qui nous amène donc Ă  l’ambiance sonore. Il est clair que ce second volet est dotĂ© d’une bande-son frĂ´lant la perfection. Avec Akira Yamaoka Ă  la tĂŞte de l’ost, il n’y a de toute manière aucune crainte Ă  avoir. Si vous ne connaissez pas cette homme, sachez simplement qu’il est devenu incontournable pour la firme depuis le premier opus et que ses bandes originales, ayant un succès hors norme, sortent mĂŞme en Europe. Il est aussi intĂ©ressant de prĂ©ciser que celui-ci est un autodidacte confirmĂ© qui a bossĂ© avec les plus grands tel que Nobuo Uematsu ( Final Fantasy… ) et n’a connu un vrai succès que seulement depuis son arrivĂ©e chez Konami. Pour certain, Akira Yamaoka est considĂ©rĂ© comme un gĂ©nie maitrisant parfaitement l’utilisation des « bruits ». (N’hĂ©sitez pas Ă  faire quelques recherches sur Internet pour mieux comprendre son univers sonore )

Il est d’abord important de bien comprendre Ă  quoi nous avons Ă  faire. L’album peut ĂŞtre divisĂ© en deux genres : bruitiste et mĂ©lodique. La question qui se pose donc est la suivante : « bruitiste ? C’est quoi ce truc ? » Elle se caractĂ©rise par l’assemblage de sons communĂ©ment perçus comme dĂ©sagrĂ©ables ou douloureux, et prend Ă  contre-pied les plus communes dĂ©finitions de la musique, fondĂ©es sur sa dimension esthĂ©tique, pour s’intĂ©resser Ă  d’autres aspects de l’Ĺ“uvre musicale : sa structure, son sens, son effet sur l’auditeur, ou les diffĂ©rentes caractĂ©ristiques du son (soyons franc, cette dĂ©finition vient de WikipĂ©dia !). Notre cher monsieur Yamaoka excelle donc dans ce domaine pour notre plus grand plaisir. On pourrait mĂŞme dire que celui ci Ă  un vĂ©ritable don pour inventer des musiques tout simplement terrifiantes pour peu que l’on se prenne au jeu ( Cela a tout de suite moins d’impact d’Ă©couter la musique dans les toilettes plutĂ´t que dans son lit au milieu de la nuit ! ). L’Ă©coute Ă  encore une fois un meilleur impact que les mots.

A World of Madness
Thème basé sur des sons plus au moins aqueux dans un rythme inharmonieux

The Darkness That Lurks In Our Minds
Tout simplement oppressant et suffoquant ce titre est composé de coups de tambour puissant avec un son grave faisant penser à quelque chose qui se raille.

Chaque personnage possède une unitĂ© thĂ©matique sonore qui lui est propre et cette mĂ©thode s’appelle le leitmotiv wagnĂ©rien . Hein ? La Locomotive bactĂ©rien ? Non ! Pour faire simple cette technique consiste Ă  associer un thème sonore aux personnages ( une mĂ©lodie, un son, etc…). Ce procĂ©dĂ© n’est bien Ă©videmment pas exclusif Ă  Silent Hill… Les sonoritĂ©s utilisĂ©es sont tortueuses et oppressantes. Imaginez les maintenant alors que vous avancez lentement dans un couloir tĂ©nĂ©breux muni de votre lampe torche…

Et puis il y a le cotĂ© mĂ©lodique. Certains morceaux sont tout simplement excellentissimes. Akira Ă  rĂ©ussi Ă  rĂ©unir Ă  la fois plusieurs sensations tel que la peur, l’amour et la tristesse dans un seul et mĂŞme titre. Cet album possède donc des thèmes cultissimes dans le monde du jeux vidĂ©o. C’est donc avec un grand plaisir que je vous propose ces liens d’Ă©coute.

Promise (reprise)
L’un des thèmes culte de la sĂ©rie jouĂ© au piano . Celui- existe aussi dans une version plus rock.

True
Autre thème culte : piano, violon et batterie sont au rendez vous pour un pur chef d’Ĺ“uvre qui est pour moi le meilleur de tous les OST de la sĂ©rie.

Theme of Laura
Troisième air culte ! On est gâtĂ© ! Absolument magnifique, ce thème est considĂ©rĂ© comme le meilleur par beaucoup de joueurs et/ou passionnĂ©s d’OST.

Overdose delusion
Batterie et guitare pour un titre rock plutĂ´t triste.

En conclusion, je commencerais par citer les paroles d’un ami : « Silent Hill sans musique est un très bon jeu. Silent Hill avec les musiques est un autre jeu. ». Akira Yamaoka Ă  apposĂ© sa signature sonore sur chaque titres permettant sans difficultĂ© de connaĂ®tre sa provenance. Sa passion bruitiste s’adapte parfaitement au jeu et lui donne donc cette ambiance si particulière qui Ă  fait le succès de la sĂ©rie. Ses titres nous transportent littĂ©ralement et nous donne l’impression que le monde rĂ©el ne fait qu’un avec un monde alternatif. Ne pas avoir fait le jeu n’est pas un problème en soit puisque la qualitĂ© de l’album permet une Ă©coute en autonomie. Cependant certains thèmes très accès « bruit » ne sont guère agrĂ©able sans contexte visuel. Sachez simplement que vous ne vous en sortirez pas indemne : La bonne humeur Ă©tant radicalement Ă©crasĂ©e par une angoisse et une dĂ©prime sinistre.

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